Il était temps que j’arrête d’être cette employée révoltée et que je me bouge!

Fanny Boglione

« Aucune journée ne se ressemble, et ça me rend beaucoup moins aigrie ! »

Dans la famille RDE Marketing je demande Fanny! L’une des dernière arrivées dans l’équipe n’en est peut-être pas moins l’une des plus chameleon! Besoin d’une série de superbes photos pour le compte Instagram d’un client, on demande à Fanny ; besoin d’une illustration pleine de légèreté et d’entrain, on demande à Fanny ; besoin d’une campagne complexe de Social Media Advertising… on demande à Fanny! De là à penser qu’on ne peut plus s’en passer…

Tout comme Charlotte, Fanny a decidé de tenter l’aventure du nomadisme début 2019. Elle revient pour nous sur ses motivations, ses craintes et un premier retour sur cette expérience à l’autre bout du monde.

Comment occupes-tu tes journées ? Qu’est-ce qui est différent dans ta manière de vivre ?

Je suis actuellement social media manager et graphic designer en tant que freelance « nomade ». Ça va bientôt faire un an que j’ai quitté la France pour vivre à mon rythme en Australie et en Asie.

Quand es-tu passé d’un style de vie traditionnel (métro-boulot-dodo) à une approche moins conventionnelle du quotidien ?

Lorsque je me suis rendue compte que je n’étais pas heureuse dans la petite liste d’épicerie « avoir un boulot stable, avoir un copain, avoir un appartement ». J’avais clairement l’impression de ne pas maîtriser ma vie et mon bien-être, sous le seul prétexte de devoir rentrer dans les cases !

Alors j’ai décidé de tout quitter, et de me re-concentrer sur les choses qui m’inspiraient vraiment. J’avais déjà mon statut auto-entrepreneur depuis de longues années, je l’ai naturellement relancé en me focalisant sur les compétences qui me faisaient vibrer. Et une chose en entrainant une autre, j’ai pris mon sac et je suis partie à l’étranger ! Le freelance était pour moi une source de liberté que je ne pouvais pas laisser passer. Et le comble, c’est que j’ai rejoins une amie dans la même situation, et avec qui je travaille très souvent. L’opportunité rêvée !

En quoi ce changement avait-il du sens pour toi ? Quel impact cela a-t-il eu sur ta vie ?

Ce changement était surtout l’opportunité de créer mon propre cadre, d’avancer comme je l’entends. Je n’ai jamais été très copine avec le système salarial. Il était temps que j’arrête d’être cette employée révoltée et que je me bouge !

J’avais perdu tellement d’énergie dans mon ancienne agence et dans toutes les relations qu’il y avait autour ; c’était essentiel de découvrir cette sensation de travailler sans travailler. J’accorde énormément d’importance à la notion du bonheur. Alors, sans regret, la vie de digital nomad était le meilleur moyen pour me refaire une éducation et d’être autonome sur mes choix de vie.

J’ai clairement perdu en stabilité, mais je vis des choses incroyables qui me font constamment grandir. Je peux me réveiller avec la vue sur l’océan, aller travailler dans des coworking ou coffee shop incroyables, piquer une tête pendant ma pause, et prendre une demi-journée pour changer d’endroit (tout en pouvant travailler dans le transport). Ca peut être clairement fatiguant, mais qu’est-ce que c’est enrichissant !

Comment ta famille voyait-elle ton futur ? Est-ce que cette nouvelle vie a été quelque chose qu’ils ont accepté facilement ?

Depuis toujours, la seule contrainte imposée par mes parents était de faire des études, et de choisir un domaine qui me plaise. J’ai de la chance, car je me suis toujours sentie entièrement soutenue dans mes décisions.

Côté freelance, c’était presque normal. Mon père est indépendant depuis mon plus jeune âge. C’est même eux qui m’ont poussé et aidé à faire mon statut quand j’étais encore à la fac ! C’était un truc de famille, j’ai grandi en vivant avec les bons et mauvais côtés de ce système de travail, sans jamais me poser la question du fait que c’était une manière de vivre différente. D’un côté j’avais ma mère et ses problématiques hiérarchiques, d’horaires, grille de salaires, etc. De l’autre côté mon père avec l’Urssaf, la gestion financière, les devis… Même s’ils auraient surement préféré la stabilité d’un CDI, le choix du freelance n’a jamais été remis en cause.

Mais côté voyage, forcement, c’était plus compliqué. Il faut beaucoup de courage pour partir de l’autre côté du monde et laisser ses proches. Malgré la tristesse et l’inquiétude, j’ai ressenti énormément de compréhension. Il fallait juste franchir le pas ! C’est un sentiment très puissant de savoir ses parents fiers de soi sur des décisions pareilles. Encore une fois, j’ai de la chance.

Quelles sont tes principales sources de stress au quotidien ? Comment les géres-tu ?

La source inépuisable de stress dans certains passages du voyage est le manque de connexion. J’essaye toujours d’anticiper ce point essentiel, car sinon, impossible d’avancer sur les projets !

L’autre point est l’organisation du temps. Je change régulièrement de ville ou de pays, et il y a tellement à découvrir. C’est souvent stressant de voir que les journées ne sont pas à rallonge et qu’il faut faire des choix pour être sûre de pouvoir à la fois assurer les projets en court, et à la fois ne rien louper du voyage. Il faut donc être prêt à travailler dans des endroits improbables et à des horaires peu communs (même si le décalage me permet souvent d’être en avance). Si on m’avait dit que je ferais des présentations clients à 21h sur un lit superposé au milieu du bush australien…
 J’ai encore du mal à tout gérer et à prioriser les tâches, mais je sais que c’est essentiel pour avancer sereinement dans ce contexte !

Quelle est la plus grande joie liée à ton style de vie ?

Pouvoir choisir quand je veux travailler, et surtout pouvoir m’écouter sur mes humeurs et mes envies. J’ai une liberté presque complète sur mes journées, du moment que je gère mes deadlines. Le dimanche peut être un mercredi, et inversement. Aucune journée ne se ressemble, et ça me rend beaucoup moins aigrie !

Comment gères-tu les relations avec tes clients, collègues, amis, famille, partenaire(s)… ?

Avec mes clients, j’essaye de garder un cadre de travail « traditionnel » pour que ça n’empiète pas trop sur ma vie privée. Je trouve ça essentiel de ne pas se laisser envahir sous prétexte que le freelance peut être disponible continuellement.

L’autre opportunité du freelance que j’affectionne énormément, c’est de pouvoir choisir avec qui je travaille (dans la mesure du possible). Et le must du must, c’est de choisir de s’entourer d’amis et de proches ! Attention, tous les amis ne peuvent pas être de bons collègues ou clients. Mais pouvoir maquetter un nouveau projet avec son père, ou d’être la prestataire d’une amie sur un shooting photo culinaire, ça n’a pas de prix.

Concernant les proches, le freelance est assez simple à gérer. Le seul hic, c’est qu’ils me sentent tellement libre qu’ils ne comprennent pas toujours quand je suis en train de travailler. Il suffit de savoir poser les limites ! 
Gérer les relations à distances par contre, c’est un peu plus sportif. Nous avons clairement l’avantage des réseaux sociaux. Mais sur des fuseaux horaires très différents, c’est parfois difficile de garder un contact régulier. Mais comme je pouvais le dire à 15 ans sur mon skyblog « loin des yeux, près du cœur <3 » et « seul les vrais restent » !

Qu’est-ce qui te fait vibrer en ce moment ?

Je suis en plein dedans, c’est le voyage. C’est vraiment difficile de décrire ce que je vis. Le monde est rempli de belles aventures, d’expériences hors-normes ou parfois d’une simplicité magique. Je suis vraiment surprise de pouvoir me sentir chez moi de partout. C’est une réelle fierté !

Et puis la chose qui fera toujours vibrer mon quotidien, c’est la création. J’ai jamais pu vraiment m’en éloigner, et j’en ai vraiment besoin pour avancer, c’est plus fort que moi. Procreate est ma main, Pinterest mon temple et Behance mon dictionnaire.

Et la nouveauté qui m’amuse énormément en ce moment, c’est de faire des vidéos décalées pour montrer d’une manière différente l’évolution de mon voyage !

Y-a-t-il une chose que peu de gens savent sur toi?

En toute modestie, je pense être une championne au jeu vidéo de voiture Burnout Revench. MP si tu veux te mesurer à moi !

Et plus sérieusement, j’ai le projet de faire un apprentissage en tatouage. J’ai toujours baigné dans l’art et le dessin. Et encore une fois grâce au freelance, je peux me permettre d’avoir une autre vie à côté. C’est un petit rêve que je tiens au fond de moi depuis plusieurs années, et que je compte bien mettre en route en rentrant en France ! Quelque part, je vois ça comme une suite logique au graphisme, mais sans le « plus gros le logo », et avec le choix de ne pas faire du tribal ou des signes infinis.

Quel achat de moins de 100€ a le plus amélioré ton quotidien ces dernières années ?

Pas très original, mais je dirais mon sac à dos où je peux ranger à la fois mon ordinateur et ma tablette graphique (les Kanken Backpack sont ultra pratiques). Et puis à moindre coût, un chargeur externe : c’est léger, et ça sauve la vie ! 
(Ai-je encore du budget pour rajouter un maillot de bain ?)

Si tu avais un conseil à donner à quelqu’un qui veut vivre et travailler différemment, ce serait quoi?

Forcément, de foncer sans se retourner ! Nous sommes tous censé passer notre majorité du temps à travailler, alors autant que ce soit fait dans le bonheur et l’accomplissement personnel.
 Tu veux être freelance ? N’aie pas peur, renseigne-toi et entoure-toi. C’est parfois dur de savoir avancer seul, mais tu as plein de solutions aujourd’hui pour parer à ça (coworking, apéro business, plateforme freelance, etc.)
 Si tu as l’envie de voyager, c’est parfaitement compatible ! Je conseillerais juste de ne pas lancer le freelance en même tant que le voyage, histoire d’être suffisamment confiant et à l’aise sur ce système de travail.

Où les lecteurs peuvent-ils te trouver ?

Honte complète sur moi, mais je n’ai pas encore de portfolio en ligne. Ca arrivera bientôt !

Coté professionnel, tu peux retrouver mon LinkedIn ici
Pour mes illustrations ici (attention, c’est un peu décalé)
Et mes aventures de backpaker, c’est ici !

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